Née en 1989, Raphaëlle Peria vit et travaille entre Paris et les Hauts de France. Elle est diplômée de lʼÉcole Européenne Supérieure dʼArt de Bretagne en 2014.

La rencontre avec le sublime est une expérience intime et éphémère. Se le remémorer, cʼest puiser dans ses souvenirs. Raphaëlle Peria, à travers des photographies quʼelle prend au gré de ses déplacements, fait du souvenir lʼune de ces inspirations premières. Dʼun moment vécu, dʼun sentiment ressenti, dʼune rencontre inattendue, elle livre au spectateur un instantané déjà loin. Plus loin encore, car lʼartiste se laisse le droit de les oublier avant de commencer à les travailler.
En attaquant la matérialité de la photographie, Raphaëlle Peria efface, préserve et révèle ce qui lui semble important dans un jeu de valeurs quʼelle maitrise parfaitement. Les œuvres sont magnifiées par le  truchement dʼune application méthodique de destruction. Le papier photosensible est gratté jusquʼà faire disparaître certains détails de lʼimage. Ces coups de gouge répétés mettent en relief un contraste inattendu, entre la matière qui apparaît et lʼaspect lisse non altéré du support dʼorigine. Cet acte sʼapparente au geste dʼun sculpteur qui cherche dans la taille directe, le volume idéalisé.
Lʼétonnement du spectateur est dʼautant plus amplifié que ce travail génère des images poétiques troublantes. Les œuvres établissent des liens nouveaux entre la réalité du paysage et sa transformation. La contemplation initiale que lʼon devine, irradie à nouveau pour venir convoquer celle de notre mémoire collective, lorsque le passé devient un présent partagé. Après tout, ce souvenir personnel devenu image onirique nʼest-il pas un peu celui de chacun ?

Vincent-Michaël Vallet
Texte issu du catalogue de lʼexposition Soleils électriques, Musée de la Cohue, Vannes, 2018

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