Né en 1996, il vit et travaille à Brest.
Il est diplômé de la Haute Ecole des Arts du Rhin en 2019.

Mon travail interroge le geste, tant dans sa plastique que dans son élaboration. Il me semble que l’on invente difficilement un geste en peinture. Qu’il ne naît pas dans l’absolu. Alors je travaille à inventer les conditions de son apparition et d’un déploiement parfois éloigné de ce qui fut à son origine.
Cela naît avec un matériau-source : ce sont souvent des signes prélevés que j’utilise tantôt en les transférant directement sur la surface de peinture, tantôt en me les appropriant par le dessin. Ce travail du dessin consiste en une succession d’opérations qui éloignent du motif premier et créent un chemin d’abstraction, pour ensuite fournir la matière d’un geste.
Ainsi, pour ma récente série de peintures Les Amers c’est la carte maritime qui fournissait ce matériau de départ. Celle-ci est déjà en soi translation et projection du réel : lignes de côte, balises, phares, courbes de niveaux, disent un paysage en même temps qu’une première symbolisation plastique. La fabrique de mon geste consiste dans le prolongement de cette translation du réel à la carte, de la carte marine vers un dessin à l’encre, de ce dessin vers un second, un troisième,
etc… Pour arriver finalement à la traduction de ce dessin en peinture.
Ces signes devenus gestes se sont inscrits sur des surfaces complexes, à dominante blanche. Ces surfaces sont faites d’additions de couches transparentes qui finissent par créer une profondeur trouble, de réserves de toile, de traces qui subsistent d’un effacement manqué, de collages et déchirures de papier… Elles sont en prise directe avec la lumière : elles lui doivent les diverses lectures de leurs brillances et matités, de leurs transparences, et la perception de leurs diverses valeurs de blancs.
Pour reprendre les mots de Robert Rauschenberg à propos de ses Peintures Noires : ce qui m’intéresse c’est « de créer une complexité sans montrer grand chose », c’est le fait qu’il y ait « beaucoup à voir mais pas grand chose d’ostentatoire ».