Née le 3 mai 1991 à Créteil et diplômée en 2020 de la Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg, Cléo Garcia Leroy vit et travaille dans cette ville.

” Utiliser la figure, chez moi, est un moyen de déconstruction de celle-ci.
Mon désir indéniable pour elle agit comme un tuteur à ma création : elle redresse, donne une direction. Mais ma peinture se débat pour se libérer de son autorité, et ne se laisse pas soumettre, elle lui échappe, comme elle m’échappe. 

Au cours de la réalisation d’une même peinture, la figure s’éclipse plusieurs fois pour pour revenir sous d’autres formes, elle s’adapte. Elle s’adapte à la matérialité, pour la laisser vivre. Celle-ci est, au fond, ma finalité, avec ce qu’elle propose d’inattendu, avec les erreurs qu’elle occasionne, ce que ses erreurs ont de fécond. Dans une lutte à la fois avec et contre la figure et la matière, je bute contre mes intentions et, en butant je multiplie les repentirs, accumule des couches que je recouvre, gratte, fragmente.
Une rhétorique du palimpseste. Ces opérations m’ouvrent toujours de nouveaux chemins. Je les suis jusqu’à ce qu’ils me mènent à bon port.

Au début, j’ignore où je vais. Je ne fixe pas mon intention et en change autant de fois qu’il est nécessaire. Les tentatives d’éléments figurés cohabitent, vestiges des intentions passées, toujours présentes et stratifiées. Les recouvrements partiels laissent remonter des éléments à la surface, et ils flottent, souvent tronqués et disparates, chacun dans leur dimension, sans qu’il n’y ait réellement un espace bien défini pour l’ensemble de la peinture. 

Je me plais à cultiver l’incohérence des différents espaces. La juxtaposition accidentelle fait s’avoisiner objets, figures, gestes de peinture qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. L’espace de la toile trouve une cohérence qui lui est propre, intransposable dans le monde réel et tangible.      

En se rencontrant, ces objets entrent en résonance les uns avec les autres. Leurs couleurs, leurs formes, leur traitement pictural, leur valeur sémantique se heurtent les uns aux autres. Je souhaite ainsi générer chocs et dissonances, en recherche d’un forme de poésie.

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