Quentin MONTAGNE
Angry Birds, 2023
Sculpture in-situ. Esplanade des Haas. Saint-Jacut-de-la-Mer
Visible du 28 juillet au 3 septembre 2023
Inauguration le jeudi 27 juillet à partir de 16h30 dans le cadre du festival La houle des mots, une presqu’île en poésie
Entrée libre

Rencontre et ateliers de pratiques artistiques avec Quentin Montagne en présence de ornithologues de l’île de la Colombière (Bretagne vivante)
> Vendredi 28 juillet à 15h
> Samedi 29 juillet à 15h 

L’atelier prend comme point de départ, l’observation des oiseaux nichés sur l’île de la Colombière, en compagnie des ornithologues en charge de leurs protections durant l’été (association Bretagne vivante).  A partir d’un répertoire d’images de Saint-Jacut et de documentation, les participant.es sont invité.es à imaginer la présence des animaux dans les paysages grâce aux techniques du collage, du décalquage, du dessin et du coloriage. Chacun.e pourra emporter ses créations à la fin de l’atelier.

Un atelier ouvert à toutes et tous (adultes et enfants). Gratuit et le matériel est fourni. 


 

Anbry bird #4

Dans un article de 2015, « Des jouets pour des sultans », le chercheur Turgut Sanet évoque le cas d’abris pour oiseaux aux formes de palais ou de mosquées miniatures très élaborés, intégrés aux façades des bâtiments de l’Empire Ottoman au XVIIIe siècle. Cette tradition turque vient de connaître un renouveau sous la forme d’une tuile d’argile cuite en forme de maisonnette pour oiseaux, conçue par la société Hitit Terra. C’est à cet aspect de logis que le nichoir est généralement associé. Aujourd’hui, la cabane à oiseaux en forme de chalet rustique est un élément récurrent des jardins.
Face à ces constructions se déploient néanmoins d’autres structures plus sommaires, pour ne pas dire rudimentaires. Fabriquées simplement avec des panneaux de bois, ces boîtes pour oiseaux sont nues, sans fioritures. Leur rôle est strictement utilitaire : percées d’une ou de deux ornières, elles doivent offrir un abri aux animaux. Elles répondent parfaitement à la célèbre formule de Luis Sullivan, résumé d’un large pan de l’architecture moderne : « forms follows function ». Vue sous cet angle, c’est comme si la modernité participait activement à la mise en place d’une stratégie de défense de la faune aviaire. Ces fortins de planches ne se distinguent pas par leurs formes, encore moins par leurs couleurs. Installés à des positions stratégiques, suffisamment en hauteur pour échapper aux prédateurs, ils sont au contraire dissimulés dans les futaies, camouflés parmi les branches.

Je vois dans ces dispositifs une analogie avec l’architecture militaire. Suivant cette idée, j’ai cherché à rapprocher une certaine architecture défensive avec le nichoir pour oiseaux. Dans le cadre de ma résidence à Saint-Jacut-de-la-Mer, j’ai poursuivi cette recherche et travailler sur les vestiges de la Seconde Guerre mondiale de la commune, les blockhaus du Chef de l’Isle.
D’allure futuriste, rappelant certains films de science-fiction, cette sculpture pourrait offrir différentes cachettes aux passereaux locaux ; certaines espèces s’avérant grégaires, la structure en bois comprendrait en son sein plusieurs nichoirs, chacun disposant d’une entrée distincte. Le bunker miniature est érigé sur une sorte de rocher également sculpté dans du bois. Installé face à la mer, mimant le Mur de l’Atlantique, cette fortification se voudrait un rempart, même symbolique, à ce fameux silence des oiseaux qu’évoquait déjà Rachel Carson en 1962.

Une production soutenue par la DRAC Bretagne et l’association Presqu’île en poésie.
En collaboration avec la commune de Saint-Jacut-de-la-Mer et l’association Bretagne Vivante.