Flora Moscovici à l’Abbaye de Léhon (janvier 2018)

Née à Paris en 1985. Elle vit et travaille à Douarnenez.
Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts Paris-Cergy
www.floramoscovici.com

L’artiste est en résidence avril-mai-juin 2018 dans le cadre de Territoire Extra. 
Elle produira des œuvres qui dialoguent avec les lieux et paysages dans lesq
uels elles prendront place (au musée et dans l’espace public, le long du chemin de halage) tout en interrogeant la question de l’apprentissage et de la transmission de l’art. Les œuvres produites seront visibles en extérieur sur le bord de Rance, entre le port de Dinan et Léhon, ainsi que dans les jardins de l’Abbaye de Léhon et au Musée Yvonne Jean-Haffen ouverts lors de la période estivale.
Exposition au Musée Yvonne Jean-Haffen à partir du 2 juin.
Parcours visible tout l’été sur les bords de Rance.
Evénement le samedi 7 juillet sur les bords de Rance (Lanvallay) et dans les jardins de l’Abbaye (Dinan-Léhon).

Comme autant de réminiscences
Nous avons tous connu cet instant si particulier pendant lequel ce que nous éprouvons et le lieu où nous nous trouvons correspondent à merveille. La chaleur de l’après-midi gardée par le début d’une nuit d’été quand se prolonge un moment agréable dans une sorte de confusion ou se mélange la transformation du jour et ce que l’on peut voir se redessiner en douceur autour de nous. Tout est alors aussi visiblement incertain qu’est prégnant le sentiment que l’on ressent. On ne capitalise guère cette expérience, elle a comme trait singulier de mettre longtemps à pleinement s’exprimer. Il est courant qu’elle réapparaisse en souvenir. L’étude de la mémoire a été une des réoccupations importantes des chercheurs du XIX° siècle parmi lesquels Hermann Ebbinghaus : un philosophe allemand, père de la psychologie expérimentale, membre d’un courant appelé « associationnisme » et également auteur d’une « théorie de la vision ». Sans rentrer dans les détails extrêmement complexes de ses études, et en trahissant sans doute une bonne part de leurs significations, on peut
toutefois en retenir ce qui paraît le plus frappant au regard du travail entrepris par Flora Moscovici depuis plusieurs années. Sa peinture a cette qualité : on ne peut pas la définir par ses couleurs qui pourtant la constitue pleinement. Ces couleurs se dérobent de la peinture toute dédiée qu’elles sont à l’espace où elles reposent au contact d’une lumière changeante et de la variété des regards qui la considère. Cette peinture fonctionne comme la mémoire définie par Ebbinghaus, c’est-à-dire un ensemble d’états mentaux antérieurs qui interagissent, en somme : elle réfléchit. Cette peinture ne se réduit évidemment pas à cette interprétation anthropomorphique mais pour rejoindre une nouvelle fois Ebbinghaus, la couleur réfléchit dans le sens où elle rayonne autant qu’elle réfléchit comme manifestation de l’esprit. L’intervention picturale de Flora Moscovici démontre une vraie capacité à croire en la peinture, elle est en cela d’une grande radicalité. Les effets de sa peinture sont discrets, ils peuvent paraître presque imperceptibles. Seuls différents déplacements : se rapprocher, s’éloigner ; peuvent commencer à nous permettre d’en faire l’expérience. Cette expérience, c’est celle de la transformation du jour, celle de l’incertitude qui arrive à se stabiliser en une forme accueillante. Une fois de plus, Flora Moscovici révèle un lieu de sa présence…

Martial Déflacieux, 2016, Catalogue L’Art dans les Chapelles

Appel à projet en cours
Certaines peintures se promènent…et pourquoi pas sur vos volets, votre mur, votre portail, votre vélo, vos arbres?

Liens

Documents d’artistes Bretagne
La Criée – centre d’art contemporain
Territoire Extra

Presse
Le Petit Bleu – 18.01.2018 « Un projet de chemin artistique »